• Je me regarde souvent dans la glace. Mon plus grand désir a toujours été de me découvrir quelque chose de pathétique dans le regard. Je crois que je n'ai jamais cessé de préférer aux femmes qui, soit par aveuglement amoureux, soit pour me retenir près d'elle, inventaient que j'étais un vraiment bel homme ou que j'avais des traits énergiques, celles qui me disaient tout bas, avec une retenue presque craintive, que je n'étais pas tout à fait comme les autres. En effet je me suis longtemps persuadé que ce qu'il devait y avoir en moi de plus attirant, c'était la singularité. C'est dans le sentiment de ma différence que j'ai trouvé mes principaux sujets d'exaltation. Mais aujourd'hui ou j'ai perdu quelque peu de ma suffisance, comment me cacher que je ne me distingue en rien.

                        Louis- René des forêts "le Bavard" Gallimard L'imaginaire.


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