• Chroniques de l'ordinaire: Dans la lumière grise.

    Je me réveille avec la sensation d'étouffer. Je descends, j'ouvre la porte sans bruit . Au bout de la rue j'aperçois un cargo  qui glisse sans bruit vers le port et je ressens aussitôt un soulagement immédiat. Ralentis mon coeur, ralentis....

    Je reste un moment sur un banc face à la mer. A cette heure on ne croise que des gens qui courrent sur le remblai. Mais qu'est qu'ils ont à courrir comme ça?

    Une dame promène un chien. C'est une femme d'une soixantaine d'années. Elle a du être belle mais son visage  marqué de rides raconte une vie à bosser dur et comme seule compagnie ce chien. Elle a sans doute gardé l'habitude des réveils à l'aube.

    Le chien a des yeux un peu enfantins et une petite tronche chifonnée. Il décide d'examiner attentivement mes chaussures et le bas de mon pantalon. Elle le laisse faire. Pas de "Viens laisse le monsieur", elle lui laisse tout son temps. Je dis " Bonjour le chien" et nous nous sourions. Elle m'offre une cigarette et je lui tends mon briquet. Nous n'avons pas besoin de parler.

    Chacun reprend son chemin. Je vais jusqu'au bout de la jetée. Je m'approche tout près du bord pour éprouver cette sensation de vertige, un creux dans le ventre. Le soleil se lèvera-t-il ou resterons nous dans cette lumière minérale? C'est encore trop tôt pour le savoir.

    Je passe dans la rue des belles maisons, de celles qui ont échappé aux bombardements de la seconde guerre mondiale. Des maisons qui ont un palmier pour nous rappeler qu'à l'autre bout de la terre il y a un autre monde, du soleil, des épices et un ciel obstinément bleu.

    J 'aime marcher quand les gens pour la plupart dorment encore. Je pense que cette manie vient d'un rêve que je faisais quelquefois.

    J'étais le seul être vivant dans ville inconnue ou tout s'était arrêté. Ensuite je rentrais chez moi et la vie reprenait sans que personne d'autre que moi n'ait rien remarqué.

    Je cherche des croissants pour ramener à mes amis mais toutes les boutiques sont fermées. J'ouvre la porte et je sens l'odeur du café.


  • Commentaires

    2
    polop
    Mercredi 9 Décembre 2015 à 02:02

    Merci pour ce texte. J'ai l'impression d'être sur le cargo, de nuit. J'avale le calme avec lui.

    1
    Dimanche 6 Décembre 2015 à 10:37

    Bonjour Volodia, ne connais pas ta chance d'ouvrir ta porte et de voir la mer devant toi? C'est quelque chose qui aurait le pouvoir de me faire commencer une journée plus que positive.

    J'espère que tu vas bien et je te souhaite un bon dimanche, bises.

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