• Des histoires de tableaux.

    Les grands tableaux vivent une seconde vie loin de leurs créateurs . Celle ci peut s'avérer eminemment romanesque.

    Les oeuvres d'art sont volées, revendues, disparaissent et réapparaissent.

    On parle quelquefois  d'amateurs fous qui seraient prêts à débourser des fortunes pour posséder un tableau qu'ils seraient dorénavant les seuls à pouvoir contempler. Existent-t-ils ou n'est ce qu'une légende je n'en sais rien. Cette passion dévorante si j'étais juge, ce qu'à Dieu ne plaise, rencontrerait de ma part une certaine indulgence.

    Mais la pupart du temps loin de toutes considérations artistiques ces oeuvres sont la proie de spéculateurs ou de cambrioleurs idiots qui ne savent plus comment s'en débarasser.

     

     

    Des histoires de tableaux.

    Caravaggio (Caravaggio 1571- Porto Ecole 1610)

    Ce tableau qui sera dévoilé aujourd'hui chez un expert parisien agite le monde de l'art. Si il est authentique il pourrait s'agir d'une version de Judith et Holopherne mentionnée dans une lettre de 1607 du peintre flamand Frans Pourbus le jeune qui séjournait alors à Naples.

    Il aurait appartenu à deux de ses confrères Abraham Vinck et Louis Finson. Ce dernier a effectué des copies du Caravage dont il était un grand admirateur mais on ne lui attribue pas cette toile au vu de sa technique telle qu'on la retrouve sur ses copies dans différents musées (Marseille, Dijon, Aix en Provence).On trouve une description du tableau dans son testament en 1610.

    Ce tableau aurait rejoint une collection privée au milieu du XIX siècle, les propriétaires étaient les descendants d'un officier de l'armée napoléonienne. C'est une banale fuite d'eau  qui a conduit à cette découverte dans un grenier toulousain.. 

    J'admire Le Caravage son oeuvre noire, fiévreuse, violente. Pourquoi a-t-on relégué ce chef d'oeuvre dans un grenier? Sans doute coupait il l'appétit des convives dans la salle à manger.

    L'état pourrait s'en porter acquéreur pour 120 millions d'euros, de quoi payer largement le plombier!. Allez Messieurs on rappatrie ses fonds off shore.

     

     

     Cette semaine deux tableaux........

    Ce portrait de 1647 est l'oeuvre de Bartholomeus van de der Helst. Il fait partie des 166 petites huiles de la collection qu'Adolphe Scloss , riche négociant avait acquise jusqu'à sa mort en 1911. Hitler l'avait repérée pour le musée qu'il voulait édifier à Linz.

    Ces tableaux avaient été cachés au château de Chambon( Corrèze) mais furent saisis en 1943 par l'odieux service de confiscation des biens juifs. Le stock fut pillé en 1945.

    L'origine de ce tableaux ne fait aucun doute pour les historiens de l'art . Mais le voila de retour.

    La maison viennoise IM Kinsky s'apprête  à le mettre en vente et fait savoir qu'il avait été vendu en 2004 par un acheteur de bonne foi. L'enjeu est comme d'habitude de payer le moins possible pour ne pas le rendre aux héritiers.

    Cette semaine deux tableaux........Amédeo Modigliani(Livourne 1884-Paris 1920)

     

     Le dernier scandale des "Panama Papers a permis de localiser " L'homme assis" de Modigliani" et de découvrir  qui en était le véritable propriétaire.

    Ce tableau dont la valeur est estimée à 25000000 $

    ( Modigliani vendait ses portraits dix francs!) n'est pas un des Modigliani que je préfère. C'est le portrait d'un petit homme ordinaire à la tête légèrement penchée, ce pourrait être un petit commerçant respectable ou un paysan endimanché.

     

    Ce tableau appartenait à Oscar Stettiner, citoyen juif et britanique. Il possédait un magasin d'antiquité à Paris mais il dut quitter la capitale en 1939 pour se réfugier à La Force en Dordogne ou réside encore son héritier Philippe Maestracchi un agriculteur semble -t-il peut concerné par le monde artistique.

    Le comissariat aux questions juives nomme un administrateur chargé de liquider la gallerie comme il aurait liquidé le propriétaire.

    Le tableau sera acheté en 1944 par un officier américain qui n'a pas du se poser des questions inutiles. Deux ans après Oscar Stettiner dépose une requête pour récupérer son bien mais il meurt avant d'en retrouver la trace.

    Mais le tableau est racheté en 1996 à Londres pour la somme de 3,2 millions de dollars par la famille Nahmad, milliardaire dont la fortune s'est faite dans ce commerce.

    C'est alors que la société canadienne Mondex Corp propose à l'héritier légitime de récupérer son bien. Ce ne sont pas des philantropes ce sont des chasseurs.

    Mais la famille Nahmad objecte que le tableau ne lui appartient pas qu'il est la propriété d'une société International Art Center crée par devinez qui.... le cabinet Mossak Fonseca celui des Panama Papers.

    Mais voilà le seul propriétaire de cette société n'est autre que David Naham lui même. L'affaire vient d'être confiée à une cour New Yorkaise qui enquête sur cette affaire depuis 2011.

    Les lanceurs d'alerte sont magnifiques! Notre président réclame qu'on les protège lui qui a refusé d'accorder l'asile politique à Edward Snowden.

     

    Evard Munch (1863 Adalsbruk-1944 Oslo)

     

    Des histoires de tableaux.

    L 'historien

    Cette lithographie avait été volée en 2009 dans une gallerie D'oslo et la voici de retour. Deux hommes ont été arrêtés mais ils ne seraient que les recéleurs, métier ingrat et peu glamour!

    Munch attire beaucoup les voleurs. Dèjà en 2009 des hommes armés avaient  dérobé en plein jour Le cri et la Madonne deux oeuvres bien trop célèbres pour être vendues. Mais on a tout retrouvé.

    Je ne sais pas quel métier me tenterait le plus: voleur de tableaux oui certainement. Retrouver des tableaux oui aussi. Collectioneur pas vraiment je me contenterais d'un tout petit tableau que j'aurai volé et que je contemplerai un certain temps avant de le rendre à tous ceux qui l'aimeraient sans doute autant que moi.

     

     


  • Commentaires

    2
    Mardi 12 Avril 2016 à 10:19

    Bonjour Volodia, que d'histoires pour un tableau! Je ne suis pas spécialiste, mais il y a certains tableaux qui me plaisent, au-delà de toute considération mercantile. Mais même  si j'étais milliardaire, je ne mettrais pas des millions pour acheter un tableau, j'ai beaucoup de mal à comprendre ce genre de choses. Surtout si c'est pour l'enfermer dans une chambre forte!

    Passe une belle semaine, bises.

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