• First crime.

     

    Mes parents ne parlaient jamais d'argent, surtout pas avec moi, et si  ils en avaient pas mal ils ne m'en donnaient jamais.

    De temps en temps je voyais ma mère effeuiller furtivement les liasses de billets de cent francs avant que le couvercle de ce coffre ne se referme. Ma mère gênée par mon regard remettait la clé dans sa poche mais je savais bien  qu'elle allait la planquer sous un vase près de la cheminée.

    Un jour j'avais une douzaine d'années et je rêvassais dans le salon ou d'ordinaire je ne mettais jamais les pieds lorsque mes parents étaient là. Je fus soudain la proie d'une idée quelque peu dangereuse: forcer ce coffre et prendre un billet de cent francs.

    Mon sens de la propriété n'etait pas encore bien stabilisé à cette époque.

    Je suis allé dans la cuisine pour prendre un couteau solide et sans prendre même le temps de chercher la clé pof! j'ai fais sauter le couvercle.

    Une pulsion irresistible de s'emparer de ce billet. je ne me faisais aucune illusion quant aux conséquences de mon geste mais........ je n'en avais absolument rien à foutre. Je me sentais libre comme un  oiseau, allégé du fardeau de l'envie.

    La découverte de mon forfait provoqua un tsunami chez mes géniteurs. J'étais un véritable criminel à coup sûr, on recherchait une médication efficace pour endiguer le vice, on me prédisait un avenir bien sombre.

    J'étais angoissé mais je n'arrivais pas à me sentir coupable. La rédemption c'était pas mon truc.

    Mais je refusais, malgré les baffes et le chapelet de sanctions qui ne manqueraient pas de suivre, de dire ce que j'avais fait du magot ce qui rajouta aussitôt de l'outrage à l'outrage.

    Le soir je me suis endormi avec le billet dans la main.

     


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