• La chapelle de Tréhorenteuc

     

    La chapelle de Tréorenteuc

    La chapelle de Tréorenteuc

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    La chapelle de Tréorenteuc

    La chapelle de Tréorenteuc

    La chapelle de Tréorenteuc

    La chapelle de Tréorenteuc

     

    La chapelle de Tréorenteuc

    Nous arrivons à Tréhorenteuc en fin d'après midi et l'église est fermée. Nous reviendrons demain, en attendant nous nous contenterons de faire le tour des lieux.

    Jolie croix rouillée dans le cimetière, j'aime bien ce qu'on devine des vitraux de l'extérieur et il y a cette inscription qui m'intrigue sur le chapitre" La porte est en dedans", invitation à ne pas se contenter du monde profane?

    Sur la place de beaux arbres et une carriole qui invite les touristes à une promenade en forêt.

    Devant l'église une statue d'un curé qui porte des lunettes. c'est rare une statue avec des lunettes non? Je photographie aussi ses souliers.

    Ce prêtre n'est pas n'importe qui. C'est l'abbé Gillard. Il arrive dans ce bourg perdu, enclavé dans la forêt de Paimpont qui compte environ 150 habitants qui ne sont pas des chrétiens bien fervents. Pour l'abbé cette affectation est une sanction. Il écrit:" L'évêché m'a envoyé à Tréhorenteuc en pénitence". Mais il n'est pas homme à se laisser décourager, il prend son ministère à bras le corps et pour revivifier la spiritualité de ses paroissiens il entreprend de restaurer l'église.

    Dans ce pays de Brocéliande la légende du Graal est bien vivante et il est sensible à ce patrimoine culturel nullement incompatible à ses yeux avec la doctrine chrétienne. Bien sûr pour sa hiérarchie ça sent un peu le souffre et elle s'opposera à la construction d'un nouvel édifice. Car il a de grandes ambitions l'abbé Gillard il compte bien ramener les brebis dans le troupeau mais aussi faire de ce sanctuaire un lieu artistique. Entrepris en 1942 les travaux se poursuivront pendant douze ans. On retrouve dans les vitraux et dans les tableaux qui ornent l'église des thèmes chrétiens autour de la vie de Sainte Onenne et d'autres qui mettent en scène la légende arthurienne.

    Cette Sainte Onnene n'est pas une pas une sainte lambda comme on dit aujourd'hui. C'est une sainte celtique unique ment vénérée à Tréhorenteuc qui provient d'une femme ou d'une déesse oiseau, en fait une pauvre gardienne d'oies. Ces volatiles lui permettront d'échapper à un viol. Elle n'a pas fait de miracle c'est une figure de l'humilité, dont le culte attirera de nombreux pélerins au cours du dix neuvième siècle. Elle était fêtée en avril et en octobre, l'abbé Gillard déplacera la procession le 15 août: Marie, Onnene même combat.

    En 1943 le vitrail de la Table ronde est posé et les vitraux représentant des épisodes de la vie de la sainte ainsi que les statues du choeur Onenne et Saint Judicaël son frère. Deux saints dans la famille mazette quelle belle portée!

    A la fin de la guerre l'abbé Gillard va  chercher dans un campde prisonniers deux artistes allemands l'ébèniste Peter Wissdorf et le peintre Karl Rezabeck. L'église s'enrichit de nouveaux autels et d'un magnifique chemin de croix. Le pavement du Cerf blanc au collier d'or est magnifique.

    La chapelle de Tréhorenteuc

    La chapelle de Tréhorenteuc

    Après 1950 les travaux se poursuivront. L'abbé Gillard est un hyperactif. Il s'occupe de son ministère mais il est aussi secrétaire de mairie, participe aux travaux de fondation de l'abbaye de La joie-Notre Dame, crée une cantine auberge de jeunesse dans le presbytère, publie des plaquettes sur la symbolique des nombres etc. Il collecte des fonds et sa réputation s'étend. André Breton vient lui rendre visite.

    L'évêché commence à s'émouvoir de toute cette activité et recueille les ragots et les médisances, hiérarchie vacharde et obtuse. En 1962 l'abbé Gillard doit quitter sa paroisse et sa réputation le précédant il n'en trouve pas d'autre. En 1963 on lui interdit tout retour malgré les pétitions de la population et de ses élus. Ce n'est qu'en 1968 que l'abbé Rouxel, curé du village de Néant sur Yvel qui l'accueille et lui permet de se rendre fréquemment dans cette église pour laquelle il a tout donné. Il y reposera à sa mort en 1979.

     

     


  • Commentaires

    1
    Vendredi 28 Août 2015 à 13:23

    Bonjour Volodia, c'est toujours avec émotion que je lis ton blog, tes états d'âme me touchent, tes photos me parlent. Aujourd'hui je découvre cet abbé qui aimait les celtes au point de faire un vitrail sur la légende du roi Arthur et le cerf blanc, tous deux magnifiques. Le pauvre a été bien mal récompensé, mais ça n'a rien de surprenant.

    Je te souhaite une belle fin de semaine et je t'embrasse, merci pour tout.

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