• La collection imaginaire

    La collection imaginaire 

    René Lalique.

    C'est un grenier hétéroclite  composés d'oeuvres diverses, rencontrées au cours de mes voyages.

    Un musée personnel d'amateur qui n'est pas un spécialiste de l'art mais plutôt un amoureux.

     C'est une collection d'oeuvres qui ont construit mon imaginaire, mon musée personnel: vous y entrez quand vous voulez et sortez quand cela vous plait.

     

     


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    [Sans titre]

     

     http://www.google.com/culturalinstitute/asset-viewer/6AGSqNzESPSSYw?projectId=art-project.

     http://www.google.com/culturalinstitute/asset-viewer/the-flight-out-of-egypt/GwFGIjk8cVn6CQ?projectId=art-project

    Cliquez sur ces liens pour voir les deux tableaux.

    Richard Daad nait à Chatham dans le Kent, quatrième d'une fraterie de sept enfants. Sa famille s'installe à Londres en 1834, son père travaille comme sculpteur dans une fonderie de bronze. Enfant il manifeste un goût pour les classiques et particulièrement pour Shakespeare qu'il illustrera à plusieurs reprises.

    Il est admis à la Royal Academy en 1837, il n'a que vingt ans. Il se lie avec d'autres artistes avec qui il fonde '' The Clique''. Il travaille sur des illustrations de Shakespeare ce dont témoigne ce tableau au titre si beau : Come Unto These Yellow Sands. Il répond à diverses commandes: gravures sur bois pour le Samuel carter Hall's book et participe à la décoration de la demeure de Lord Fowley avec des scènes isuues du Tasso et de Byron.

    Jusque là tout va bien c'est un jeune artiste très prometteur, sociable et qui ne se distingue que par son talent des autres peintres victoriens de son époque.

    En juillet 1842 il accompagne son patron, Sir Thomas Phillips pour un grand voyage en Europe et au Moyen Orient.

    Beau périple pour nourrir un jeune artiste, je ne résiste pas au plaisir de suivre cette déambulation: Ostende, la vallée du Rhin, le Lac Majeur, les Alpes Bernoises, Venise, Alcona, Corfou, Patras, Athène, Smyrne, Constantinople, Bodrum, Rhodes, Chypre, Beyrout, Tripoli, Damas, Jerusalem, la Mer Morte, la Vallée du Nil, Alexandrie, Malte et l'Italie. 

    A Thèbes en Novembre 1942 Dadd se plaint de maux de tête et on attribue ces douleurs à une insolation.

    En Italie il entend des voix et souffre d'hallucinations. Il se montre de plus en plus agressif à l'égard de Sir Phillips. A Rome il est pris d'une pulsion qui lui donne envie d'agresser le Pape. A Paris les symptomes s'aggravent et fin mai 1843, il retourne seul à Londres.

    Psychose maniaco dépressive ou plutôt Trouble bipolaire comme on dit de nos jours. Pour le clinicien il est intéressant de repèrer l'évènement déclencheur à partir duquel s'est développé le délire. Le voyage vous porte vers l'inconnu et vers ce qui résonne au plus profond de vous même, comme si la perte de repères familiers permettait l'émergence de ce qu'il y a d'enfoui au coeur du sujet et dans ce cas la folie.

    Cet évènement déclencheur s'est produit quand dans la Vallée du Nil Dadd s'est trouvé devant des images du Dieu Osiris qui le désignait pour combattre le démon qui pouvait s'incarner en toute personne. Le pape l'a échappé belle!

    A son retour à Londres son père l'emmmène au ST. Luke' Hospital ou il est déclaré malade mental.

    Cela n'empêche pas son père de l'accompagner dans le kent, Richard a promis de 'vider son sac"! Ils dînent dans une auberge et vont faire une promenade dans la campagne. Richard attaque son père avec un couteau et un rasoir et le tue. Quand le démon s'incarne dans votre Papa il ne faut pas hésiter.

    La police craint d'abord que Richard ait également été tué mais son frère Georges le soupçonne immédiatement. La police qui fouille son appartement y découvrira des dessins représentant ses propres amis avec la gorge tranchée. Le démon souvenez vous pouvait s'incarner dans toute personne, ceux là comme le Pape l'ont échappé belle.

    Richard lui s'est embarqué pour la Françe. Retenu par la douane à Calais puis relâché il se dirige vers Paris. Durant le trajet il tente de trancher la gorge d'un autre voyageur. Il est arrêté à Monterau, avoue le meurtre de son père et est interné à Fontainebleau dans l'Asile de Clermont jusqu'en juillet 1844, date à laquelle il est ramené en Angleterre ou il est condamné à perpétuité à l'âge de vingt sept ans.

    Richard Dadd est  détenu à la section criminelle de l'Hôpital psychiatrique de Bethlem ou il reste jusqu'en 1864 date à laquelle il sera transféré  à l'asile de Broadmoor ou il décedera en 1886.

    Durant toutes ces années il ne cessera de peindre et contrairement à d'autres peintres victoriens de cette époque, assez mondains, il n'a aucune audience ni aucune stimulation intellectuelle. Dans cet environnement la plupart des gens ne savaient ni lire ni écrire. Il peint par nécessité intérieure, sans doute pour ne pas mourrir. 

    Si vous cliquez sur le premier lien vous verrez son tableau le plus célèbre The Fairy Feller's Master-Stroke.

    C'est un tableau de taille modeste qui dépeint avec une extraordinaire minutie une scène étrange qui se déroule dans une touffe d'herbe. Des personnages minuscules tout droit sortis des contes de fées, d'autres plus réalistes qui peuvent avoir été inspirés par ses co-détenus ou gardiens de l'hôpital. 

    Au centre du tableau un bûcheron s'apprête à fendre une noisette. Tous les personnages sont en arrêt, dans l'attente d'un évènement extraordinaire. 

    Dans son livre '' Le singe grammairien'' le poète Octavio Paz propose une interprétation séduisante de cette oeuvre. Assimilant le bûcheron à Richard Dadd lui même, il écrit: " Le bûcheron se prépare à perpétuer à nouveau l'acte funeste mais les conséquences de cette répétition symbolique seront exactement opposées à celles qui ont découlé de l'acte originel; dans le premier cas, internement, pétrification; dans le second en brisant la noisette, la hache du bûcheron rompt le maléfice.

    Et plus loin: '' La hache qui en tombant brisera le charme qui les paralyse ne tombera jamais. C'est un fait qui est toujours prêt de survenir et qui n'arrivera jamais. Entre le jamais et le toujours se tapit l'angoisse avec ses milliers de pattes, son oeil unique.

    Le second tableau reprend le thème classique de la fuite en Egypte.   Richard Dadd est un miniaturiste de talent et un coloriste délicat.

     

     

     

     

     

     


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    Extrait d'un rouleau sur Ben Laden et le terrorisme.

    Un thème classique: La noce des poissons.

    Exposition Singing pictures, art and performance of Nayas women. Musée ethnologique de Lisbonne. Août 2007.

    C'est une tradition ancienne dans l'ouest du Bengale que de raconter une histoire , peinte sur de longs rouleaux et de la chanter. Les femmes  Patas ou Chitrakars pratiquent cet art depuis des générations dans le district de Midnapur.

    Cette exposition montre les travaux des femmes du village de Naya à trois heures de Calcuta. Elles ont ouvert une coopérative.

    Les Patuas sont des musulmans. Ces femmes allaient de villages en villages et recevaient du riz, des légumes et quelques pièces pour leur récitals. Elles déroulaient les peintures et et chantaient leurs propres compositions mais aussi l'histoire des saints musulmans aussi bien que celles des dieux et deéesses hindous au choix.. L'apparition d'autres médias a entraîné une érosion de leur audience.

     

    Mais les femmes de Naya ont formé cette coopérative et revendiquent le droit de s'exprimer en toute liberté sur des sujets de société ou sur la religion et les changements politiques dans leur village et dans le monde.

    C'est une peinture joyeuse et une tradition vivante.

    Les coopératives sont une bonne voie d'émancipation pour les femmes indiennes, maintenues dans une dépendance économique et sociale, souvent maltraitées. Aujourd'hui en 2013 la série de viols qui seraient passée inaperçue auparavant commence à soulever de la réprobation et un peu de solidarité: il était temps.

     

     


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  • Lisbonne:un dessin de Lalique.

    La photo est un peu floue ce qui donne un charme particulier à ce dessin. Nous avons le dessin préparatoire à cette lanterne.


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  • On peut rester de longs moments devant ce tableau. Cette figure essentielle de la peinture qu'est le détail trouve ici toute sa noblesse.

    L'oeil découpe ces scènes étranges comme autant de tableaux.

    Des univers inconnus et lointains, chacun d'entre eux obéissant à ses propres lois et habité de créatures incertaines : poisson navire, évêque à groin de cochon, oiseau grotesque avec un entonoir sur le crane monté sur des patins et quelques uns de nos congénères.

    Une forêts de symboles  qui sont le récit d'un rêve  celui du peintre,et nous nous promenons dans ce labyrinte. La peinture permet de se promener dans le rêve d'un autre.

     


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  • Il vient lui demander sa fille en mariage. J'ai tout oublié du peintre et qui sont les deux personnages.La pose du jeune homme est élégante, respectueuse sans montrer de signes de soumission.Le vieil homme à qui la barbe et le bonnet confèrent un bon équilibre entre la gravité et la bienveillance du vieillard envers un jeune homme.

    Si vous connaissez ce tableau.........


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  • L'Arc de Triomphe de Titus à Rome. Budapest Musée des Beaux Arts Budapest. Franz Ledenbach( 1836-1904).

    Ce peintre est un portraitiste que je n'apprécie guère surtout ses portraits d'enfants que je trouve assez niais. Ce tableau est une heureuse exception dans son oeuvre.

    On est d'abord fasciné par la lumière et la précision "photographique" des détails. L'angle choisi par le peintre est curieux et les personnages sous l'arche sont figés: arrêt sur image qui contraste avec l'allure décontractée des enfants dans le fossé.

     

     


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    Ces petits singes noirs sont restés longtemps sur l'étagère de la bibliothèque.


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    J'ai déjà dit dans ce blog combien j'avais aimé le musée consacré a cet artiste à NewYork.


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  • Old jewish man with boy . 1903 Collection du Musée Pouchkine Moscou. Amsterdam.

    Picassso durant l'année 1903 peint une quarantaine de tableaux. La Période Bleue (1901-1904) n'est pas joyeuse pour Picasso.

    Son ami le peintre Casagémas,s'est suicidé en se tirant une balle dans la tête en plein café de la rotonde. A cause d'une danseuse du Moulin Rouge, la belle Germaine.  Casagemas rencontre Picasso en 1900 à Barcelone.Ils fréquentent le même cabaret. A la fin de l'année Casagemas enmène à ses frais Picasso, tout jeune homme de 19 ans à Paris. Picasso s'installe à Montmartre.

    D'ou la couleur sombre et magnifique de cette période. D' humeur mélancolique le peintre s'empare de thèmes tragiques: mort solitude, pauvreté, infirmité vieillesse.

    Ce Vieux juif est un vieillard qui ne peut probablement survivre sans l'aide de l'enfant. Picasso est fasciné par Le Greco qui inspira sans doute ces longues figures mélancoliques.

    Ce que j'aime dans la période bleue c'est que Picasso est encore un peintre profondément espagnol avant de dynamiter la peinture. Admirable dessinateur et coloriste avisé. 



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  •                            Pablo picasso La buveuse d'Absinthe.

    Collections du musé de l'Hermitage à Amsterdam.



    A l'automne 1901 Pablo Picasso effectue son second voyage à Paris et c'est là qu'il peint ce tableau. Il a 22 ans. La solitude , le regard si lointain à l'intérieur d'elle même et si perdu vers le monde. Les mains démesurément longues renforcent la dramaturgie de cette scène. Le temps a disparu et la femme est immobile.


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  •                              Brôhan Museum. Berlin.

    Je ne suis pas très porcelaine mais ce pêcheur est assez troublant. C'est un talent de l'artiste de transformer cette matière inerte jusquà lui redonner une indéniable sensualité et une élégance épurée.

    Bröhan museum. Berlin.


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  • J'ai trouvé cette photo dans une poubelle de Nice, il y a longtemps. Un vrai trésor cette poubelle: des guides Nagel, des souvenirs de voyage, des séries de photographies aux couleurs un peu passées.Un amoureux des voyages était mort et on se débarassait de ses affaires. J'ai choisi un vieux guide de la Grèce qui indiquait ou joindre l'homme qui louait des ânes dans tel village. Aussi un de la Norvège.

    J'ai tout de suite reconnu la photographie dans une série sur l'Hymalaya.Le lac de Pokhara! J'ai logé ici lors de mon voyage au Népal. Nous occupions une petite pièce de terre battue, l'autre partie de la maison abritait une minuscule échoppe ou l'on vendait de la nourriture.Une femme seule, probablement une veuve y vivait. Elle était assise là jusque tard le soir si vous aviez besoin d'un thé d'une cigarette ou d'autres babioles. C'était un très bel endroit pour laisser dériver toutes ses pensées.

    Ces tableaux de Nicolas Roerich et cette photographie s'associent bien dans ma tête,je ne sais pas pourquoi et je m'en fiche. 

     

     


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  • Le christ voilé.1753. Chapelle San Severo. Naples.

    Giuseppe Sanmartino (1720-1793).

    Je suis resté troublé par ce voile de marbre, son extraordinaire légèreté, sa finesse et sa blancheur.

    Autour de ce Christ qui repose inerte dans son évanescente beauté s'est crée une légende. Il aurait été commandé à l'artiste par le Prince Raimondo di Sangro alchimiste passionné qui  aurait enseigné au sculpteur la calcification du tissu en cristal de marbre. Cette légende dit tout de la sensation que j'ai éprouvé devant le Christ voilé. Il y a dans cette perfection du travail de la pierre, dans cettte légèreté du voile, quelque chose de surhumain.



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  • D'un raffinement extrême cette boite en ivoire et soie brodée.


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    De ce tableau je ne sais rien. Je l'ai vu à Lisbonne dans quel musée? Qui l'a peint?

    C'est l'autoportrait du peintre. Le chapeau est du genre de ceux qu'on bricole pour les enfants. Le contraste avec l'expression du personnages'en trouve renforcé.Le visage est emprunt d'amertume. Ce pourrait être un personnage de Jérome Bosh. Un clown prêt à basculer dans la folie. Les couleurs verdâtres et violacées ou jaunes du visage lui donnent un air inquiétant. La maigreur,  la froideur du regard sont sans concession.


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  • Zurbaran peint ce tableau en 1628.Il a trente ans et vient de s'installer à Séville avec sa famille et tout son atelier.

    C'est un peintre qui n'est jamais aussi beau que dans l' austérité et la rigueur. Elle est ici presque mathématique puisque si on retire le visage,le rapport entre la surface du manteau par rapport à celle de l'ensemble du tableau aboutit au nombre d'or.

    Est ce là une coincidence telle qu'on la rencontre dans la nature parfois ou la marque mystérieuse du génie qui saisit inconsciemment le parfait équilibre?

    Le tissu de la robe monacale comme on en sent bien la rudesse et remarquez les incomparables nuances de blanc qui m'ont toujours fascinées chez Zurbaran.C'est un tableau qui montre l'épuisement du corps. Pas de martyrologie triomphante ou doloriste,l'épuisement, le dernier souffle, la fin de la lutte.La coloration du visage ne trompe pas.

     Sérapion,est un religieux de l'ordre de la Merci. Ces religieux mercédaires en plus des voeux traditionnels prononçaient un voeu de sang.Ils devaient donner leur vie pour les captifs qui risquaient de perdre leur foi, ce qui en fait de parfaits candidats au martyr.

    Sérapion meurt en 1240 après avoir été torturé par des pirates anglais.

      


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    http://fr.wikipedia.org/wiki/René_Lalique

     

     

     

    Des photos de cette collection du Musée Calouste Gulbenkian Lisbonne. 


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  • Il y a quelques jours l'exposition Nova Zembla que j'ai vu en Décembre au Rijskmuseum a fermé ses portes. A l'heure ou il ne reste plus rien ou presque à découvrir sur la planète elle rassemblait ce qui reste de l'expédition de Wilhem Barentsz à la recherche d'un passage nord vers l'extrême orient.

    J'adore les récits d'explorateurs, on commence toujours par voyager en rêve.

    Wilhem barentsz quitte Amsterdam en 1594 avec deux navires. Il atteint la côte de la Nouvelle Zemble, la suit toujours vers le nord mais lorsqu'il est prêt d'atteindre son but il fait demi tour. Il rencontre un ours blanc que l'équipage réussit à capturer pour le ramener en hollande. Mais la bête folle furieuse s'en fichait bien de voir Amsterdam, elle commença par saccager le navire, on du l'abattre. premier meurtre sur la neige.

    C'est souvent le cas dans nombres d'expéditions. Manquer le but, n'avoir plus que l'obssession de repartir. Y retourner et en mourrir.

    Et il fait une deuxième tentative avec cette fois ci sept navires. Il aurait pu trouver le passage mais il est trop tard, la glace empêche toute navigation. L'équipage fait la rencontre du peuple Samis de Laponie.

    Troisième tentative, deux bateaux sous son commandement. La flotte rejoint l'île aux ours le premier juillet 1596. Barentsz veut contourner la Nouvelle Zemble par le nord.  Mais Jan Rijp le commandant de l'autre navire refuse de le suivre. Ils se séparèrent. Imaginez cet instant. A quoi pense -t-on en pareille circonstances?

    Barentsz avec son vaisseau longe la côte nord de cette Nouvelle Zemble. Il est emprisonné par les glaces et l'équipage contraint à l'hibernation. Survivre, survivre, juste survivre. Les seize homme d'équipage vont passer l'hiver sur place.Une partie du bateau est démontée pour se faire un abri, ils piègent des renards artiques pour se nourrir.Au printemps la glace ne fond toujours pas. Les survivants atteints par le scorbut confient leur destin à la mer et s'entassent dans deux chaloupes. Barentsz lui meurt d'épuisement en Juin. L'équipage sera finalement secouru après six semaines d'errance, par un navire de pêche russe.

    Douze hommes parvinrent à Amsterdam.L'un d'entre eux publia un carnet de voyage qui eut grand succès. Voici l'un de ces dessins, le papier est brisé en son milieu car il est resté pres de trois siècle sous la glace.

    Une artiste anglaise Siân Bowen expose parallèlement des collages que lui ont inspiré ces dessins. Elle est une spécialiste de la restauration des dessins anciens fasciné par la marque du temps sur ces objets fragiles.

    Le dessin qui illustre cet article vient lui du journal de Gerrit de Veer.

     

     

     


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  • Le nom maja , majo désigne des personnes issues des basses classe de la societé espagnole, particulièrement à Madrid. Elles se distiguent par leur vêtements et leur comportement provocant.Les hommes étaient réputés pour chercher la bagarre surtout à ceux qui s'affichaient "style français". 

    C'est l'un des sujets favoris de certains peintres du dix neuvième. Souvent ils prenaient pour modèle des prostituées.

    Dans ce tableau ça ne colle pas! Ces deux majas ont l'air de petites poupées espagnoles de kiosque à souvenirs, surtout celle qui est à droite. Celle de gauche a un air un peu bovin, la chaleur sans doute. Ce sont des Dames de la Haute,elles n'ont pas l'effronterie ni le côté sexy des prostituées.

    Les visages des hommes sont plus intéressants. Beau jeune homme à gauche. Le chapeau et l'inclinaison du visage sont élégants et singuliers.

    Le personnage de droite est enveloppé dans une grande cape marron qui donne une touche de lumière chaude.Sur la tête ce turban en fer à cheval. Est ce un moine, une grand mère? En tout cas il semble avoir mal aux dents.Il a l'air soucieux.

    Les majas ont des regards de cartes postales. Les hommes eux sont très présents par le regard. Le premier attentif et patient et le second plein d'inquiétude.

    Ce tableau a inspiré d'autres peintres comme Velasquez ou Manet dans d'évidentes citations.

     


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  • Les maisons de poupées du dixseptième siècle sont l'équivalent pour ces dames des cabinets de curiosité que possédaient les hommes dans lesquels on trouvait tout un tas d'objet exotiques donc rares , de petits muséums domestiques d'histoire naturelle en somme.

    Ces dames plus tournées vers la vie de tout les jours tiraient fierté de l'exactitude de la reproduction à l'échelle de tous les meubles, tableaux et objets y compris des plus minutieux.

    Voici une piéce de la maison de Pétronella Dunois dont je ne sais pas grand chose sinon que Nicolas Maes a fait son portrait. Je n'attachais pas grande importance à ces oeuvres qui m'agaçaient vaguement par leur côté "que c'est mignon", en fait je ne les regardais pas vraiment. Là c'est l'éclairage un peu sombre qui m'a attiré.Ces miniatures avaient un aspect un peu inquiétant, vaguement malsain. le décalage entre la représentation de la vie quotidienne et cette immobilité des personnages crée ce sentiment.

    A côté de cette maison une autre s'offre au spectateur dans sa splendeur: celle de Pétronella Oortman. Il faut croire que ce prénom était à la mode à l'époque.

    Petronella Oortman était l'épouse d'un riche marchand de soie d'Amsterdam Johanes Brandt . Ils résidaient sur Warmoesstraat.

    Moi je n'ai pas connu Warmoesstraat du temps de sa splendeur. C'est une rue ou stagnaient des dealers, pathétiques arnaqueurs de touristes naifs ou de camés en bout de route. On y trouvait aussi des putes à l'hygiène douteuse et un comissariat.

    Aujourd'hui elle est parcourue par des groupes de braillards imbibés de bière. Mais du temps de Petronella c'était sans doute tout autre chose. Sa maison de poupée est identifiable au monograme B&O finement brodé sur les minuscules serviettes de table ou les couvre lits. Elle avait fait venir de Chine des miniatures et avait mis au travail des artistes, des ébénistes etc.

    Il ne s'agisssait pas de jouets d'enfants mais d'un "hobby" de femmes fortunées. Mme Oortman aurait dépensé entre vingt et trente mille florints pour ce délicat chef d'oeuvre. Avec cette somme on pouvait s'offrir une maison superbe avec vue sur les canaux. La représentation de la vie ou de la nature vaut elle toujours plus que la vie et la nature elles mêmes?

      


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  • Cette grosse dondon choucroutée, enrubannée de rose nous a déclenché un fou rire. C'est je le crois un portrait immaginaire qui est une marque d'humour de la part de son auteur, portraitiste tout à fait reconnu à son époque.

    Il s'agit de Jan Adam Kruseman( Haarlem 1804-1862)qui fut un élève de Jacques Louis David. Il a peint des portraits de la bourgeoisie et de la noblesse hollandaise dont la famille royale des Pays Bas.Il est attentif au costume et les personnages sont en général plein d'autosatisfaction voire de suffisance.

    Cette belle charcutière à la poitrine opulente esquisse un sourire complice, pas loin de l'autodérision. 


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  • Au musée Bojmans van Beuningen de Rotterdam, j'ai le plus grand mal à photographier(interdit) ce crâne recouvert de pierres précieuses. Une gardienne m'a repéré et nous jouons au chat et à la souris.Mais les souris sont quelquefois plus malines que le chat.

     Ce crâne qui tient un poulet mort entre ses machoirest comme un bijou, lourd de menaces. Je me le représente de cette manière mais il n'y a aucune explication à son sujet. A chacun d'y greffer ses propres peurs et c'est bien ainsi. 


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    Ce grand tableau(170x289)encadré par deux détails est accroché à l'entrée de l'exposition Nova Zembla que j'ai vu au Rijkmuseum d'Amsterdam au mois de décembre. Il fait référence à cette bataille anglo-néerlandaise(10 août 1653) remportée par les hollandais. Il fut commandé à Willem Van Velde l'ancien par Cornélis Tromp, fils de l'amiral du même nom qui commandait la flotte anglaise et qui périt au cours des combats.

    Willem Van Velde est un peintre de marine qui s'attachait à reproduire les bateaux avec une précision qui fait mon admiration. Chaque détail est une histoire,petite histoire dans la "Grande histoire" dont je me fiche pas mal à vrai dire. Personellement je vous l'avoue je le découperai bien en morceau.

    Willem Van Velde entra en 1672 au service de Charles ll d' Angleterre, pour la somme de cent livres par an. Il était meilleur dessinateur que peintre au contraire de son fils avec qui il collabora pour la colorisation de certaines de ses oeuvres. Devant ce tableau les visiteurs passent et ne s'attardent guère. Moi j'y reviens.

     


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  • Le premier portrait de Velasquez est un portrait du papes Innocent X. Il a un air de paysant rusé et méfiant mais ne vous y trompez pas il est issu de la glorieuse famille des Pamphilj. C'est lui qui ordonna des travaux dans la villa du même nom à Rome ou se trouve aujourd'hui cette galerie de peinture qui abrite son portrait.

    Son pontificat dure onze ans de 1644 à 1655. Il fait construire neuf prisons, assez confortables pour l'époque Il écrit au tsar Alexis 1er en lui demandant d'affranchir les paysans. Il ordonne aux cardinaux ayant quitté les Etats pontificaux sans sa permission d'y rentrer tous les six mois sous peine de perdre leurs bénéfices voire leur barette. Fini, la Laguna Diesel comme dirait les Deschiens. Mazarin fit annuler la décision par le parlement de Paris et menaça de lui envoyer ses troupes s'il s'obstinait.

    Plus drôle, c'est un pape qui fut sous l'influence de sa belle soeur,Olimpia Maidalchini, complètement dominé le bougre! Elle devint le personnage le plus important de la Curie. intriguante et avide de fric et de pouvoir elle manoeuvrait son petit monde. A Paris les "Charlie Hebdo" de l'époque et l'église réformée se déchaînèrent ....... 

    Francis Bacon lui se fiche complètement du personnage qu'il transforme en vieillard hurlant silencieusement, il dira qu'il préfère le cri à l'horreur.

    Son but initial était de peindre l'intérieur de la bouche.  Mais comme il n'y arrivait pas il nous livre ces figures très impressionnantes qui vous immobilisent devant les tableaux.



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  • J'ai pris cette photo (un peu floue) à Malte. De quel pape s'agit il, je ne sais pas. La statue, éclairée par le soleil de fin d'après midi qui donne à la pierre cette couleur ocre si chaleureuse m'a paru très noble sans être pompeuse. Certaines fesses d'Apollon ou de nymphes taillées dans une pierre trop blanche n'accrochent pas mon regard.(Cette comparaison entre le pape et les fesses va déclencher quelques recitations de chapelets chez les intégristes, je le crains).

    Le pape a belle allure,barbe de père Nöel, le geste qui rapelle qu'il n'est rien moins que l'envoyé de Dieu dont il tient son pouvoir. Et ce pouvoir n'est pas mince. Ce pape défend son territoire, pas un mollichon qui bredouille, il parle d'égal à égal avec les rois,et leur fait la guerre si besoin.


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  •  Josep Grau Garriga est un artiste catalan que j'ai rencontré une fois chez lui dans sa maison de ST Mathurin sur Loire. Je ne suis pas un amateur de tapisseries je dois l'avouer.La plupart du temps elles me donnent envie de tousser, leur aspect poussiéreux me décourage.L'histoire qu'elles racontent souvent me passionne, la représentation me fait bailler.

    Là je découvrais des couleurs saturées, des volumes, des matériaux inattendus. Je me souviens d'une grande tapisserie à l'entrée de sa maison d'un bleu très profond, "surpigmenté" si je puis me permettre ce néologisme.

    Grau Garriga avait eu envie de rencontrer O. dont il avait vu une exposition à Angers. O. est une femme peintre d'un immense talent, elle est également une grande alcoolique et comme elle ne tenait pas très bien debout ce jour là elle m'avait demandé de l'accompagner.

    Nous arrivons chez lui, il nous accueille très gentiment, nous offre le café. O. complètement bourrée n'en décroche pas une et semble satisfaite de mon embarras. Grau Garriga avec beaucoup d'élégance ne s'en offusque pas et et se montre d'une grande bienveillance.

    Je ne sais plus comment j'en suis arrivé à parler avec lui de la guerre d'Espagne mais je me souviens de ce qu'il m'a dit. On l'avait caché enfant à l'intérieur d'une prison pour que la Guardia Civil ne le retrouve pas, il en riait encore. Sa mère lui disait en parlant des fascistes: "N'oublie pas que tu ne dois jamais baisser les yeux devant ces gens là". En bref nous avons eu une conversation passionante. J'ai empoigné O. avant qu'elle ne soit tout à fait endormie et nous nous sommes quittés avec quelques borborygmes de la part de O. en guise de salutations. L'air de la Loire l'a réveillée et elle m'a dit qu'elle boirait bien un petit rosé.


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  • Au cours de l'hiver 1895 Monet fit un voyage en Norvège  à l'invitation de son beau fils.

    Monet veut peindre la neige mais rien ne va, la lumière neutralise le regard et le dégel s'annonce? Un univers mouvant, immobile en apparence mais qui lui échappe en permanence. 

    Ce sont des tableaux dépourvus de virtuosité , ce ne sont ni les Nymphéas ni les Cathédrales, ils sont d'une modestie touchante et il y a en creux les variations de la lumière telle qu'on la retrouvera dans les jeux du soleil couchant sur les meules de foin.

     

     


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