• Au cours de l'hiver 1895 Monet fit un voyage en Norvège  à l'invitation de son beau fils.

    Monet veut peindre la neige mais rien ne va, la lumière neutralise le regard et le dégel s'annonce? Un univers mouvant, immobile en apparence mais qui lui échappe en permanence. 

    Ce sont des tableaux dépourvus de virtuosité , ce ne sont ni les Nymphéas ni les Cathédrales, ils sont d'une modestie touchante et il y a en creux les variations de la lumière telle qu'on la retrouvera dans les jeux du soleil couchant sur les meules de foin.

     

     


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  • John Constable naît à East Bergholt dans le Suffolk. Fils d'un riche minotier il est destiné à l'état ecclésiastique puis à prendre la succession de son père. 

    Finalement il est envoyé à Londres pour étudier à la Royale Academy en 1802. Il tombe amoureux de Maria Bicknelll dont le père , proche du roi, mettra cinq ans à donner son consentement à cette union car il ne trouve pas le peintre assez talentueux.

    De cette union très heureuse naîtront sept enfants. Lorsque Maria meurt de la tuberculose en 1828  Constable devient mélancolique.

    Il reçoit vingt mille livres en héritage et fait de mauvaises affaires.

    Constable introduit des changements dans la peinture anglaise. Les peintres anglais du 18ème siècle utilisaient le paysage comme un décor. Chez Constable il devient le sujet même du tableau et plus largement la nature et ses infinies variations. Il va s'attacher à peindre des ciels à "déterminer l'informe". Pour lui la peinture contribue à la recherche des lois de la nature. Ses paysages sont moins rénumérés que les taleaux de nombre de ses contemporains.

    Il finira tout de même par entrer à la Royal Academy en 1829. John Constable (1776-1837)

    http://data0.eklablog.com/volodia/mod_article6104175_2.jpeg


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  • C'est un petit tableau, abimé car probablement coupé en deux, la trace en est encore visible. Il se trouve au Victoria and Albert Museum de Londres.

    Il est peu représentatif de la manière de Constable, peu de matière, assez lisse. Il a tout de suite attiré mon attention par l'élégance de son format (18x50).Il s'agit de la résidence du peintre vue d'assez loin ce qui dégage la vue sur l'immensité du ciel. Ce tableau me renvoie une impression de douceur portée par l'équilibre des couleurs: le gris bleu du ciel, le vert tendre de la prairie et le rouge brique des batîments. Peint sur le motif, il saisit  l'atmosphère si particulière de la campagne anglaise.

      

      

      


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  • L'art d'Alexandre Lobanov c'est l'art brut, l'art des fous. Il est né à Mologa une ville aujourd'hui engloutie par un barrage sur décision de Staline.

    Sa vie est une tragédie. Il est devenu sourd et muet vers l'âge de six ans à la suite d'une méningite. 

    En 1937 sa famille fut transplantée à Iaroslav la capitale provinciale. Peu après après le décès de son père  il  devint violent et sa mère le fit hospitaliser, les conditions de cet internement psychiatrique furent terribles comme on peut l'imaginer.Il a vingt trois ans. Pendant les premières années il se montre agité et violent puis se renferme sur lui même.

    Il est transféré à l'hôpital d' Afonino en 1947 ou il restera jusqu'à la fin de ses jours en 2003.

     C'est à l'âge de trente ans qu'il commence à dessiner à l'encre, à la mine de plomb, aux crayons de couleur et même aux feutres. Il range ses dessins dans une valise dont il ne se sépare jamais.

     Dans les années soixante dix il s'intéresse à la photo qui lui permet de se mettre en scène dans son oeuvre, il est fasciné par son propre visage. 

    En 1999 il reçoit des papiers d'identité et sa retraite alors que le musée de Iaroslavl fête ses soixante quinze ans. Voulez vous en savoir plus ? Regardez ces deux petits films de Patrick Domage.


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  • Aux armes


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  • George Hendrik Breitner (1857-1923)George Hendrik Breitner est un peintre hollandais né à Rotterdam. Il a étudié dans sa ville natale et aussi à La Haye et à Amsterdam.

    Dans ses premiers travaux il peint la cavalerie en manoeuvre ce qui nous vaut de fougueuses charges de lanciers et des effets de perspective élégants. A cette époque il est très influencé par ses professeurs, peintres de L'école de la Haye. Il rencontre Van Gogh qu'il encourage...à devenir Van Gogh.

    Mais c'est une visite à Paris ou il découvre l' Impressionisme,ce qui va profondément marquer son travail. Il finit par s'installer à Amsterdam et il peindre sa ville avec passion.

    Sa pâte est épaisse et le trait vigoureux. Il s'intéresse à la photographie, il prend des clichés pour fixer une scène et nous pouvons voir le tableau correspondant. Ce n'est pas sans effet sur son travail. Il utilise les artifices du peintre dans ses compositions, la photographie est lisse là il y a de la matière. Mais de la photo il a gardé quelque chose, le regard du photographe n'est pas celui du peintre et la rencontre avec certains tableaux est presque frontale, presque "cinématographique".

    Il peint les travailleurs sur le port, les quais, les canaux, des scènes de rue. Il capte magnifiquement la lumières presque noire d'Amsterdam et le blanc de la neige,  l'éclairage glauque des réverbères .

    .Il est également comme nombre de ses contemporains touché par l'art du Japon, on utilisera un néologisme soyeux pour désigner ce mouvement: le japonisme. Cela se traduit essentiellement chez lui par des portraits de sa femme en kimono.

    La maladie le force à cesser de peindre en 1910.

    J'ai vu il y a quelques années une exposition de ses oeuvres à Amsterdam et on sentait chez les visiteurs un amour de leur ville renvoyé par cette peinture qui libérait une émotion qui m'avait beaucoup touché.


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  • Cet autoportrait à la cigarette est au musée Bojmans van Beuningen de Rotterdam.

    J'aime l'expression très "Dandy" du personnage.

    Il est pris de dessous, un de mes amis m'a photographié dans la même posture en haut d'un escalier selon la même perspective.


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  • Joachim Patinir (1485-1524) Joachim Patinir nait à Dinant près de Namur. Il fut membre de la guilde des peintres de cette ville.Que sais je de sa vie?

    En 1520 il achète une maison à Anvers. L'année suivante Albert Dürer  assiste à ses secondes noces.Il fit de lui un portrait qui se trouve au musée de Weimar. Sa femme meurt en 1524. Son neveu est un peintre spécialiste des paysages mosellan. Et c'est tout.

    C'est un peintre qui n'est jamais écrasant avec qui j'ai un rapport assez familier. J'ai toujours rêvé de voler un petit Patinir! Voleur de tableaux, kidnappeur de chiens, délinquance poétique .

    Il y a une controverse savante pour savoir si il fut l'inventeur du paysage moderne car le paysage dans son oeuvre,est souvent plus important que les personnages.

    Les détails sont peints avec autant de précision que ce qui figure au premier plan et s'atténuent jusqu'à disparaître, les couleurs vont en se dégradant pour atteindre ce bleu si caractéristique . Il y a un bleu Patinir comme il y a un bleu Klein. On peut le voir dans ce tableau tout bleu " Vaste paysage avec St Christophe traversant la rivière".

    C'est un paysage dans lequel s'insinue le fantastique, on en retrouve des traces dans la bande dessinée aujourd'hui. 

    Patinir traite deux thèmes qui me sont chers dans la peinture ancienne: la fuite en Egypte et la pénitence de St Jérôme au désert. 

    Je suis resté un long moment devant le tryptique qui est au Metropolitan Muséum de New York. 

    Mais au fait qui était Saint Jérôme?

     

     


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  • Voici le panneau de gauche du tryptique qui représente le baptême du christ, l'autre illustrant la tentation de St Antoine.

    Le point de vue de celui qui regarde le tableau est semblable à la vue qu'on pourrait avoir du haut d'un pont et ce léger décalage prolonge la vue sur la rivière qui se heurte aux masses rocheuses et aux nuages.


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    Jérôme de Sridon dit Saint Jérôme

    Jérôme de Stridon est né vers 347 à Stridon à la frontière de l'actuelle Croatie, il meurt en 420 à Bethléhem. Il étudie à Rome et se convertit à l'âge de 26 ans après un rêve qu'il fit lors d'une maladie.Que disait ce rêve?

    Il part pour la Terre Sainte en 373 et c'est là qu'il décide de faire pénitence et de vivre en ermite à Chalcis de Syrie. Il y a beaucoup d'ermites dans la région à cette époque et cela finira par le gêner.

    En 383 il devient le secrétaire du pape Damase 1er qui le charge de traduire la bible en latin. C'est un érudit, interprète et traducteur et un ascète. Il a donc connu les privations de l'ascète et les mondanités de l'église ce qui en fait un personage très moderne à mes yeux. Ses rapports avec l'église sont tendus et à la mort du pape il retournera en Terre Sainte accompagné d'une veuve romaine pour fonder un monastère double à Bethléem.

    Il est souvent représenté au desert sous les traits d'un vieillard ce qui est anachronique car il n'avait alors que 25 ou 35 ans. Autre anachronisme il porte un chapeau ou une robe rouge de cardinal, hors le cardinalat fut créé vers l'an mille.

    Il est la plupart du temps en train d'écrire ou avec des fouets, des pierres , instruiments de pénitence. A ses pieds un lion est couché. Le lion ressemble tour à tour à un gros chat ou un noble animal selon l'idée que les peintres se faisaient du lion. Une légende nous dit qu'il aurait soigné un lion qui avait une épine dans la patte et qu'il serait devenu son animal de compagnie. Sur sa table figure un crâne qui est là pour nous rapeller la précarité de notre condition d'humain et opposer un signe salutaire à notre vanité.



     


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    Francis Alys est né à Anvers en 1959. De 1978 à 1983 il étudie l'architecture à Tournai puis à Venise. 

    En 1987 il est envoyé par le gouvernement belge dans le cadre d'un programme de secours à Mexico. Il s'y installe.

    C'est un artiste qui s'exprime à travers des performances, des vidéos, des dessins, peintures, sculpture.

    Francis Alys est un grand type déguingandé qui arpente les villes:Mexico, New York,Londres, Lima ou Jérusalem.

    Il fait des choses à la fois simples et folles dans lequel son corps est engagé . Dans cette exposition à New York nous le voyons par exemple marcher dans Mexico d'un pas rapide , régulier avec un flingue à la main, jusqu'à ce qu'il se fasse arrêter. Les passants le voient ou ne le voient pas pas. Il y a quelques regards incrédules ou interrogateurs mais aucune réaction significative(Re-enactments 2001). 

    Aussi des centaines de gens qui déplacent une dune de sable au Pérou. Il s'interroge sur la raison d'être de nos actions, sur la limite entre l'essentiel et le dérisoire a travers des supports très concrets. Il pénètre dans une tornade de sable. C'est tout à fait passionnant. Aussi des dessins de petites taille, des vignettes que l'on suit du regard à travers la salle.


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