• La Mort Rose

    Les pieuvres ailées guideront une dernière fois la barque dont les voiles sont faites de ce seul jour heure par heure

    C'est la veillée unique après quoi tu sentiras monter dans tes cheveux le soleil blanc et noir

    Des cachots suintera une liqueur plus forte que la mort

    Quand on la comtemple du haut d'un précipice

    Les comètes s'appuieront tendrement aux forêts avant de les foudroyer

    Et tout passera dans l'amour invincible

    Si jamais le motif des fleuves disparait

    Avant qu'il fasse complètement nuit tu observeras

    La grande pause de l'argent

    Sur un pêcher en fleurs apparaîtront les mains

    Qui écrivirent ces vers et qui seront des fuseaux d'argent

    Elles aussi et aussi des hirondelles d'argent sur le métier de la pluie

    Tu verras l'horizon s'entrouvrir et c'en sera fini tout à coup du baiser de l'espace

    Mais la peur n'existera déjà plus et les carreaux du ciel et de la mer voleront au vent plus fort que nous

    Que ferais- je- du tremblement de ta voix

    Souris valeureuse autour du seul lustre qui ne tremblera pas

    Treuil du temps

    Je monterai les coeurs des hommes pour une suprême lapidation

    Ma faim tournoiera comme un diamaant trop taillé

    Elle nattera les cheveux de son enfant le feu

    Silence et vie

    Mais les noms des amants seront oubliés

    Comme l'adonide goutte de sang

    Dans la lumière folle

    Demain tu mentiras à ta propre jeunesse

    A ta grande jeunesse luciole

    Les échos mouleront seuls tous ces lieux qui furent

    Et dans l'infinie végétation transparente

    Tu te promèneras avec la vitesse

    Qui commande aux bêtes des bois

    Mon épave peut être tu t'y égratigneras

    Sans la voir comme on se jette sur une arme flottante

    C'est que j'appartiendrais au vide semblable aux marches

    D'un escalier dont le mouvement s'appelle bien en peine

    A toi les parfums dès lors les parfums défendus

    L'angélique
     
     
    Sous la mousse creuse et sous tes pas qui n'en sont pas

    Mes rêves serront formels et vains comme le bruit de

    Paupières de l'eau dans l'ombre

    Je m'introduirais dans les tiens pou y sonder la profondeur

    de tes larmes

    Mes appels te laisseront doucement incertaine

    Et dans le train fait de tortues de glace

    Tu n'auras pas à tirer le signal d'alarme

    Tu arriveras seule sur cette plage perdue

    Ou une étoile descendra sur tes bagages de sable

     

    Le revolver à cheveux blancs 1932 NRF Poésie/GallimardLa Mort Rose.

     

    Un des poèmes qui m'a fait aimer la poésie.

     




     


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :