• Les Forges de Paimpont

    En Ille et Vilaine proche de Plélan le Grand et en bordure d'un très grand lac voici ce qui reste de ce site industriel. Il y avait ici tout ce qu'il fallait: la pierre l'hématite rouge, du bois et de l'eau.

    C'est le duc de La Tremoille qui en 1633 obtint l'autorisation de créer une Forge à cet endroit dont les premières activités consistaient en la fabrication d'ustensiles agricoles et domestique.

    Au XVIII ème siècle les progrès techniques permettent une augmentation de la production qui est alors de 500 tonnes de fer et de 30 tonnes de fonte. C'est la guerre d'indépendance des Etats-Unis qui assure la prospérité de cette industrie. C'est à cette époque qu'on construit la laminoir, des habitations ouvrières et le logis du Maître de Forges.En 1796 Deux cent trente personnes y travaillent , ouvriers sur place et dans la forêt,les charbonniers par exemple. Les charbonniers apparaissent souvent dans les contes et légendes. Le visage noirci,coiffés d'un sac en toile de jute, seuls en forêt en contact avec les forces mystérieuses de la nature, ou dans une version plus faits divers témoins de crimes divers. 

    En 1841 les Forges sont vendues à Mr Fromont et en 1855 une banque parisienne en devient propriétaire ainsi que de la forêt. C 'est une phase de modernisation on construit un deuxième fourneau à bois,on adapte le laminoir. En 1853 la production de fonte est de 2750 tonnes et celle de fer de 1800 tonnes. De 250 à 430 ouvriers y travaillent. Les Forges fournissent l'arsenal de Brest, l'arsenal d'artillerie de Rennes et des rails de chemin de fer. On constate un certain déclin avec un premier arrêt en 1866 et une reprise en 1870 pour l'effort de guerre et un arrêt définitif en 1884. L' arrêt d'extraction du minerais entraine la fin des hauts fourneaux et les Forges reprendront une simple activité d'usine de construction métallique. L'arrêt de toute activité date de 1954 et le classement du site comme monument historique est acquis en 2001.

    Aujourd'hui c'est un lieu fantôme. On s'efforce d'imaginer une vie ouvrière dans ces espaces voués au silence. Je discute avec une femme âgée qui promène sa petite fille. Elles respirent le plaisir d'être ensembles, la complicité qui les unit. La grand mère me dit qu'au delà du charme des lieux désertés il s'agit d'un lieu légitime. C'est le mot qui convient pour que ne meure pas cette mémoire ouvrière.


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  • Commentaires

    1
    Dimanche 23 Août 2015 à 13:32

    Bonjour, permets moi d'abord de te tutoyer, ton blog est très varié et très riche mais hé oui il y a toujours un virage, je ne l'ai pas visité en entier, tellement large, je le ferai plus tard, à petits morceaux quoi. Merci et passe de belles journées.

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