• Maisons de poupées.

    Les maisons de poupées du dixseptième siècle sont l'équivalent pour ces dames des cabinets de curiosité que possédaient les hommes dans lesquels on trouvait tout un tas d'objet exotiques donc rares , de petits muséums domestiques d'histoire naturelle en somme.

    Ces dames plus tournées vers la vie de tout les jours tiraient fierté de l'exactitude de la reproduction à l'échelle de tous les meubles, tableaux et objets y compris des plus minutieux.

    Voici une piéce de la maison de Pétronella Dunois dont je ne sais pas grand chose sinon que Nicolas Maes a fait son portrait. Je n'attachais pas grande importance à ces oeuvres qui m'agaçaient vaguement par leur côté "que c'est mignon", en fait je ne les regardais pas vraiment. Là c'est l'éclairage un peu sombre qui m'a attiré.Ces miniatures avaient un aspect un peu inquiétant, vaguement malsain. le décalage entre la représentation de la vie quotidienne et cette immobilité des personnages crée ce sentiment.

    A côté de cette maison une autre s'offre au spectateur dans sa splendeur: celle de Pétronella Oortman. Il faut croire que ce prénom était à la mode à l'époque.

    Petronella Oortman était l'épouse d'un riche marchand de soie d'Amsterdam Johanes Brandt . Ils résidaient sur Warmoesstraat.

    Moi je n'ai pas connu Warmoesstraat du temps de sa splendeur. C'est une rue ou stagnaient des dealers, pathétiques arnaqueurs de touristes naifs ou de camés en bout de route. On y trouvait aussi des putes à l'hygiène douteuse et un comissariat.

    Aujourd'hui elle est parcourue par des groupes de braillards imbibés de bière. Mais du temps de Petronella c'était sans doute tout autre chose. Sa maison de poupée est identifiable au monograme B&O finement brodé sur les minuscules serviettes de table ou les couvre lits. Elle avait fait venir de Chine des miniatures et avait mis au travail des artistes, des ébénistes etc.

    Il ne s'agisssait pas de jouets d'enfants mais d'un "hobby" de femmes fortunées. Mme Oortman aurait dépensé entre vingt et trente mille florints pour ce délicat chef d'oeuvre. Avec cette somme on pouvait s'offrir une maison superbe avec vue sur les canaux. La représentation de la vie ou de la nature vaut elle toujours plus que la vie et la nature elles mêmes?

      


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