• Poème d'un jour

    Poème d'un jour

    Un jour, un poème, un jour,un poème,un jour, un poème,un jour, un poème, un jour, un poème,un jour, un poème,un jour, un poème,un jour, un poème,, un jour, un poème,un jour, un poème................


     Une rubrique qui s'alimente au fil des jours, peu importe les  dates. Entrez et sortez comme vous voulez.

  • Un poème de Constantin Cavafy

                        Le disciple de l'illustre philosophe

     

    Il est resté deux ans élève d'Ammonius Saccas. Mais il en a eu assez de la philosophie et de Saccas.

    Puis il s'est occupé de politique. Mais il a lâché tout cela. Le préfet était stupide,  et ceux qui l'entouraient des mannequins vides et pompeux. Et ces coquins parlaient un grec trois fois barbare!

    Plus tard, l'église attira quelque peu son attention. Se faire baptiser, devenir chrétien.... Mais, bien vite, il y renonça: il se brouillerait sans doute avec ses parents, païens notoires. Et (perspective affreuse!)leurs munifiques envois d'argent prendraient fin.

    Il lui fallait pourtant une occupation quelconque. Il devint l'habitué des maisons infâmes, des mauvais lieux secrets d'Alexandrie. Propice en ceci, la Fortune lui avait donné un visage des plus séduisants, et il profitait de ce don divin.

    Sa beauté durerait pour le moins dix ans encore. puis il retournerait peut être auprès de Saccas. Et si le vieux mourait entre temps, il irait chez d'autres philosophes ou sophistes. On est jamais en peine de trouver l'homme qui convient.

    Il se pourrait aussi qu'il se remît à la politique, prouvant de la sorte, d'exemplaire façon, qu'il avait gardé le sens des traditions familiales, du devoir envers la patrie, et autres belles formules du même genre.

     

    L'amoralité tranquille, le cynisme joyeux de la jeunesse insouciante. J'aime aussi ces phrases sans aucun mot inutile, enracinées dans l'antiquité de son pays  mais au au regard de la modernité et de son désir.


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  •  

    HEMORRAGIE, ASCENSION

    Près de vos armes, hommes inflexibles
    Près de vos aigles dressés à déchirer les poumons
    Des porteurs de flammes, voici mon ombre entre les montagnes
     inclinées
    Attentivement vers la ville prise dans les menottes du pain.

    Sachez que si vous me fouillez jusqu’aux entrailles
    Ainsi qu’on ferait d’un violon, afin d’y trouver le chant,
    Ou d’un miroir pour en arracher les images
    Jamais vous ne toucherez la vision qui demeure en moi.
    Parmi le matin qui s’ouvre une artère
    Avec la brume tombée au fond des éprouvettes,
    Avec l’âme qui, dans la chair comme dans une camisole de force,
    Se tord, s’écorche et voudrait se délivrer.

    Et vous qui mordez la neige et vous mordez entre vous
    Comme des chiens au traîneau montant vers quel orage,
    Bourreaux ou frères, me voilà je marche parmi vous
    Et je ne sais ce que vous enfoncez dans mon épaule : poignard ou
     aile.

    Ilarie VORONCA

    (Poème extrait de Poèmes parmi les hommes, Cahier du Journal des poètes, 1934).

     

     


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  • Valparaiso

    Bruits du port, sommeil en fuite

    Loin encore plus loin

    Moustache d'otarie

    Sables écorchés

    Bateaux à la dérive

    Sur une mer de soie grise

                                               Volodia.


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  •  

     

    Comme tous les pays mon pays est un pays perdu.

     

    On empoisonne nos puits et la nuit des soldats disparaissent près de la frontière.

     Là ou le vent jouait avec l'écume il ne reste que le silence et les cendres.

    Les anges ont claqué la porte.

     

    Volodia.

     


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  • Time and the bell have buried the day,

    The black cloud carries the sun away.

    Will the sunflower turn to us, will the clematis

    Stay down, bend to us; tendril and spra

    Clutch and cling? Chill

    Fingers of yew be curled

    Down on us? After the kingfisher's wing

    Has answered light to light, and his silent, the light is still

    At the still point of the turning world.

                                     En français

    Le temps et la cloche ont enfoui le jour

    La nuée noire emporte le soleil

    Le tournesol va-t-il se pencher vers nous, la clématite

    descendre se ployer vers nous: vrille et ramille

    Saisir, gripper?

    Glaçés

    Les doigts de l'if se recourber

    Sur nous? Après que l'aile du martin-pêcheur

    A répondu par la lumière à la lumière, et fait silence,

    La lumière est en repos

    Au point-repos du monde qui tournoie.

     

    T.S. Eliot un de mes poètes favoris..

    T.S. ELIOT Burt Norton  extrait

     

     


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  • Lili,

    Aller chercher poisson

    Changé d'avis, s'en fout'

    Laisser même brûler le riz.

    Volodia.

    Ce petit Haïku est né d'un morceau de conversation téléphonique entendu dans le bus. J'affectionne beaucoup les différents créoles pour leur capacité de transformer la langue académique. Je me souviens des manifestations en Guadeloupe contre " la profitation".

    J'aime aussi certains accents mais il en existe d'autres que je ne peux plus supporter.


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  • La mort viendra et elle aura tes yeux –
    Cette mort qui nous escorte
    Du matin au soir, et jamais ne s'endort,
    Aussi sourde qu'un remords ancien
    Ou un vice absurde. Tes yeux
    Seront une parole vaine,
    Un cri étouffé, un silence.
    Ainsi les vois-tu chaque matin
    Quand sur toi seule tu te penches
    Dans le miroir. O chère espérance,
    Ce jour-là nous saurons nous aussi
    Que tu es la vie et que tu es le néant.
    Pour tous la mort a un regard.
    La mort viendra et elle aura tes yeux.
    Ce sera comme répudier un vice,
    Comme voir dans le miroir
    Resurgir un visage mort,
    Comme écouter des lèvres closes.
    Nous descendrons au fond du gouffre, muets.

     


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  • Desert. Volodia

    Ce que le vent charrie

    Aux sables couleur de miel

    Seul le silence le sait.

    Volodia


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  •  

    Il y a que la lampe brûlait bas,

    Qu'elle penchait vers toi sa façe grise,

    Qu'elle tremblait, dans l'espace des arbres,

    Comme un oiseau blessé chargé de mort.

    __L'huile coulant aux portes de la mer cendreuse

    Va-t-elle colorer un dernier jour,

    Le navire engagé dans l'angoisse des rives

    Entrera-t-il enfin dans la salle du jour?

    Ici la pierre est seule et d'âme vaste et grise

    Et toi tu as marché sans que vienne le jour.

                                      Yves Bonnefoy. Le chant de sauvegarde.

     


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  •  

                                          TOUTE LA NUIT

    Toute la nuit la bête a bougé dans la salle,

    Qu'est-ce que ce chemin qui ne veut pas finir,

    Toute la nuit la barque a cherché le rivage,

    Qu'est-ce que ces absents qui veulent revenir,

    Toute la nuit l'épée a connu la blessure,

    Qu'est ce que ce tourment qui ne sait rien saisir,

    Toute la nuit la bête a gémi dans la salle, 

    Ensanglanté, nié la lumière des salles,

    Qu'est ce que cette mort qui ne va rien guérir?

     

                                 Yves Bonnefoy  Hier régnant desert  NRF. Poésie/Gallimard


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  • Je me regarde souvent dans la glace. Mon plus grand désir a toujours été de me découvrir quelque chose de pathétique dans le regard. Je crois que je n'ai jamais cessé de préférer aux femmes qui, soit par aveuglement amoureux, soit pour me retenir près d'elle, inventaient que j'étais un vraiment bel homme ou que j'avais des traits énergiques, celles qui me disaient tout bas, avec une retenue presque craintive, que je n'étais pas tout à fait comme les autres. En effet je me suis longtemps persuadé que ce qu'il devait y avoir en moi de plus attirant, c'était la singularité. C'est dans le sentiment de ma différence que j'ai trouvé mes principaux sujets d'exaltation. Mais aujourd'hui ou j'ai perdu quelque peu de ma suffisance, comment me cacher que je ne me distingue en rien.

                        Louis- René des forêts "le Bavard" Gallimard L'imaginaire.


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  •                                               Pour Sarane

    Fiancées lointaines

    Funambules aux sables brûlants

    Jamais ne regagneront la plaine

    Le temps s'étouffe brutalement

    Mais les trains ne meurent pas en gare

    Le pont franchit le fleuve

    Et toi tu danses sur ce ruban.

                                                                                 Volodia


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  • JE.... Je suis l'épouse mystique du Lieutenant Colombo épiée par trois lézards gris qui renversent les poubelles en ricanant.

    L'un d'entre eux se faufile jusqu'au métro de tes yeux

    Là ou Bleu est plus Bleu que Bleu.

                                                             Volodia


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  • Quoi qu'a dit  ?               - A dit rin

    Quoi qu'a fait ?               - A fait rin

    A quoi qu'a pense ?        - A pense à rin

    Pourquoi qu'a dit rin ?

    Pourquoi qu'a fait rin ?

    Pourquoi qu'a pense a rin ?


                                         
     - A'xiste pas

                                       Jean Tardieu.







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  • Haiku

    Faire le ménage sous la pluie


    Sourire sous la lune à midi


    Volodia


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  • Les cerfs noirs

    Les eaux parlaient à l'oreille du ciel.

    Cerfs vous avez franchi l'espace millénaire, 

    Des ténèbres du roc aux caresses de l'air.


    Le chasseur qui vous pousse, le génie qui vous voit,
    Que j'aime leur passion de mon large rivage!

    Et si j'avais leurs yeux, dans l'instant ou j'espère?


               René Char "La parole en archipel"  Ed Gallimard 1962

     


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  •   Union libre

      

    Ma femme à la chevelure de feu de bois

    Aux pensées d'éclair de chaleur

    A la taille de sablier

    Ma femme à la taille de loutre entre les dents du tigre


    Ma femme à la bouche de cocarde et de bouquet d'étoile de dernière grandeur

    Aux dents d'empreintes de souris blanche sur la terre blanche

    A la langue d'ambre et de verre frottés

    Ma femme à la langue d'hostie poignardée

    A la langue de poupée qui ouvre et qui ferme les yeux

    A la langue de pierre incroyable

    Ma femme aux cils de bâtons d'écriture d'enfant

    Aux sourcils de bord de nid d'hirondelle

    Ma femme aux tempes d'ardoise de toit de serre

    Et de buée aux vitres
    Ma femme aux épaules de champagne

    Et de fontaines à têtes de dauphins sous la glace

    Ma femme aux poignets d'allumettes

    Ma femme aux doigts de hasard et d'as de coeur

    Aux doigts de foin coupé

    Ma femme aux aisselles de martre et de fênes

    de nuit de la St Jean

    de troènes et de nid de scalares

    Aux bras d'écume de mer et d'écluse

    et de mélange de blé et du moulin

    Ma femme aux jambes de fusée

    aux mouvements d'horlogerie et de désespoir

    Ma femme aux mollets de moelle de sureau

    Ma femme aux pieds d'initiales

    Aux pieds de trousseaux de clés aux pieds de calfats qui boivent 

    Ma femme au cou d'orge imperlé

    Ma femme à la gorge de Val d'Or

    De rendez vous dans le lit même du torrent

    Aux seins de nuit

    Ma femme aux seins de taupinière marine

    Ma femme aux seins de creuset du rubis

    Aux sein de spectre de la rose sous la rosée

    Ma femme au ventre de dépliement d'éventail des jours

    Au ventre de griffe géante

    Ma femme au ventre d'oiseau qui fuit vertical

    Au dos de vif argent

    Au dos de lumière

    A la nuque de pierre roulée et de craie mouillée

    Et de chute d'un verre dans lequel on vient de boire

    Ma femme aux hanches de nacelle

    Aux hanches de lutte et de penne de flèche

    Et de tiges de plumes de paon blanc

    De balance insensible

    Ma femme aux fesses de grès et d'amiante

    Ma femme aux fesses de dos de cygne

    Ma femme aux fesses de printemps

    Au sexe de glaïeuls

    Ma femme au sexe de placer et d'ornithorynque

    Ma femme au sexe d'algue et de bonbons anciens

    Ma femme au sexe de miroir

    Ma femme aux yeux pleins de larmes

    Aux yeux de panoplie violette et d'aiguille aimantée

    Ma femme aux yeux de savante

    Ma femme aux yeux d'eau pour boire en prison

    Ma femme aux yeux de bois toujours sous la hache

    Aux yeux de niveau d'eau de niveau d'air de terre et de feu

     André Breton " Clair de terre " 1931 Gallimard             

      

      


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  •  

    Réponse des cosaques zaporogues au sultant de Constantinople

     

    Plus criminel que Barrabas

    Cornu comme les mauvais anges

    Quel Belzébut es-tu-la bas

    Nourri d'immondices et de fange

    Nous n'irons pas à tes sabbats

    Poisson pourri de Salonique
    Long collier des sommeils affreux

    D'yeux arrachés à coup de pique

    Ta mère fit un pet foireux
    Et tu naquis de sa colique

    Bourreau de Podolie Amant

    Des plaies des ulcères des croûtes

    Groin de cochon cul de jument
    tes richesses garde-les toutes

    Pour payer tes médicaments.

     

    Guillaume Apollinaire "Alcools" nrf. Poésie/Gallimard 1920 


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  • Les pieuvres ailées guideront une dernière fois la barque dont les voiles sont faites de ce seul jour heure par heure

    C'est la veillée unique après quoi tu sentiras monter dans tes cheveux le soleil blanc et noir

    Des cachots suintera une liqueur plus forte que la mort

    Quand on la comtemple du haut d'un précipice

    Les comètes s'appuieront tendrement aux forêts avant de les foudroyer

    Et tout passera dans l'amour invincible

    Si jamais le motif des fleuves disparait

    Avant qu'il fasse complètement nuit tu observeras

    La grande pause de l'argent

    Sur un pêcher en fleurs apparaîtront les mains

    Qui écrivirent ces vers et qui seront des fuseaux d'argent

    Elles aussi et aussi des hirondelles d'argent sur le métier de la pluie

    Tu verras l'horizon s'entrouvrir et c'en sera fini tout à coup du baiser de l'espace

    Mais la peur n'existera déjà plus et les carreaux du ciel et de la mer voleront au vent plus fort que nous

    Que ferais- je- du tremblement de ta voix

    Souris valeureuse autour du seul lustre qui ne tremblera pas

    Treuil du temps

    Je monterai les coeurs des hommes pour une suprême lapidation

    Ma faim tournoiera comme un diamaant trop taillé

    Elle nattera les cheveux de son enfant le feu

    Silence et vie

    Mais les noms des amants seront oubliés

    Comme l'adonide goutte de sang

    Dans la lumière folle

    Demain tu mentiras à ta propre jeunesse

    A ta grande jeunesse luciole

    Les échos mouleront seuls tous ces lieux qui furent

    Et dans l'infinie végétation transparente

    Tu te promèneras avec la vitesse

    Qui commande aux bêtes des bois

    Mon épave peut être tu t'y égratigneras

    Sans la voir comme on se jette sur une arme flottante

    C'est que j'appartiendrais au vide semblable aux marches

    D'un escalier dont le mouvement s'appelle bien en peine

    A toi les parfums dès lors les parfums défendus

    L'angélique
     
     
    Sous la mousse creuse et sous tes pas qui n'en sont pas

    Mes rêves serront formels et vains comme le bruit de

    Paupières de l'eau dans l'ombre

    Je m'introduirais dans les tiens pou y sonder la profondeur

    de tes larmes

    Mes appels te laisseront doucement incertaine

    Et dans le train fait de tortues de glace

    Tu n'auras pas à tirer le signal d'alarme

    Tu arriveras seule sur cette plage perdue

    Ou une étoile descendra sur tes bagages de sable

     

    Le revolver à cheveux blancs 1932 NRF Poésie/GallimardLa Mort Rose.

     

    Un des poèmes qui m'a fait aimer la poésie.

     




     


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  •  

    O mère

    qu'ai-  je-omis

    O mère qu'ai-je-oublié

    O mère 

    adieu

    avec un long soulier noir

    adieu avec le parti communiste et un bas filé

    adieu

    avec six poils noirs à la verrue de ton sein

    adieu

    avec ta vieille robe et une longue barbe noire autour du vagin

    adieu avec ton gros ventre affaissé

    avec ta crainte d'Hitler

    avec ta bouche de mauvaises historiettes

    avec tes doigts de mandoline pourrie

    avec tes bras de larges véranda à Paterson

    avec ton ventre de grève et de cheminées d'usine

    avec ton menton de Trotsky et de Guerre d' Espagne

    avec ta voix chantant pour les ouvriers épuisés pourissant

    avec ton nez de mauvaise baiseuse avec ton nez d'odeurs de cornichons de Newark

    avec tes yeux

    avec tes yeux de Russie

    avec tes yeux de manque d'argent

    avec tes yeux de fausse porcelaine de Chine

    avec tes yeux de Tante Elanor

    avec tes yeux d' Inde famélique

    avec tes yeux pissant dans le parc

    avec tes yeux d' Amérique qui ressent sa chute

    avec tes yeux d'échec devant le piano

    avec tes yeux de parents en Californie

    avec tes yeux de Ma Rainey mourrant dans une ambulance

    avec tes yeux de Tchécoslovaquie attaquée par les robots

    avec tes yeux qui vont à un cours du soir de peinture au

    Bronx

    avec tes yeux de meurtrière grand mère que tu vois 

    sur l'escalier de secours à l'horizon

    avec tes yeux sortant toute nue courrant et hurlant dans le

    corridor

    avec tes yeux emmenée par les flics dans une ambulance

    avec tes yeux ligotés sur la table d'opération

    avec tes yeux de pancréas amputé

    avec tes yeux d'appendicite

    avec tes yeux d'avortement

    avec tes yeux d'ovaires enlevés

    avec tes yeux d'électrochoc

    avec tes yeux de lobotomie

    avec tes yeux de divorcée

    avec tes yeux coups de sang

    avec tes yeux solitaires

    avec tes yeux

    avec tes yeux

    avec ta Mort couverte de fleurs


    Extrait de "Hymmnn" Allen ginsberg 10/18 Christian Bourgois.

                                                              



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