• Un poème d'Ilarie Voronca

     

    HEMORRAGIE, ASCENSION

    Près de vos armes, hommes inflexibles
    Près de vos aigles dressés à déchirer les poumons
    Des porteurs de flammes, voici mon ombre entre les montagnes
     inclinées
    Attentivement vers la ville prise dans les menottes du pain.

    Sachez que si vous me fouillez jusqu’aux entrailles
    Ainsi qu’on ferait d’un violon, afin d’y trouver le chant,
    Ou d’un miroir pour en arracher les images
    Jamais vous ne toucherez la vision qui demeure en moi.
    Parmi le matin qui s’ouvre une artère
    Avec la brume tombée au fond des éprouvettes,
    Avec l’âme qui, dans la chair comme dans une camisole de force,
    Se tord, s’écorche et voudrait se délivrer.

    Et vous qui mordez la neige et vous mordez entre vous
    Comme des chiens au traîneau montant vers quel orage,
    Bourreaux ou frères, me voilà je marche parmi vous
    Et je ne sais ce que vous enfoncez dans mon épaule : poignard ou
     aile.

    Ilarie VORONCA

    (Poème extrait de Poèmes parmi les hommes, Cahier du Journal des poètes, 1934).

     

     


  • Commentaires

    3
    Lundi 28 Novembre 2016 à 08:32

    Je ne connaissais pas ce poète de la bande à Tsara

    "RIEN n'obscurcira la beauté de ce monde.

    Les pleurs peuvent inonder toute la vision. La souffrance

    Peut enfoncer ses griffes dans ma gorge. Le regret,

    L'amertume, peuvent élever leurs murailles de cendre,

    La lâcheté, la haine, peuvent étendre leur nuit,

    Rien n'obscurcira la beauté de ce monde.

    Nulle défaite ne m'a été épargnée. J'ai connu

    Le goût amer de la séparation. Et l'oubli de l'ami

    Et les veilles auprès du mourant. Et le retour

    Vide, du cimetière. Et le terrible regard de l'épouse

    Abandonnée. Et l'âme enténébrée de l'étranger,

    Mais rien n'obscurcira la beauté de ce monde."

    http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/voronca/voronca.html

    Qu'il est difficile parfois d'être pessimiste par nature et optimiste par philosophie

    Restons des poètes vivants

    2
    Dimanche 27 Novembre 2016 à 16:19

    Très incisif, dur, par vraiment ce qui me touche dans un poème... Mais il faut de tout et un poème n'est pas forcément tout en douceur.

    Belle fin de dimanche Volodia, bises.

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